Paris, France
le 7 novembre 2022
Dans un contexte marqué par les impacts de la guerre en Ukraine, l’engagement des producteurs à semer du tournesol a permis une bonne récolte 2022 en dépit de la sécheresse printanière et estivale. Terres Inovia, l’Institut technique de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre, annonce une récolte de 1,7 million de tonnes (Mt) de graines de tournesol sur une surface estimée à plus de 840 000 hectares (ha). Le rendement moyen est, quant à lui, estimé à 20,5 quintaux (q)/ha.
Une récolte de tournesol qui sera, pour l’essentiel, transformée en France
Si la récolte de tournesol est en baisse de 5 % par rapport à 2021 (1,9 Mt en 2021), année aux rendements exceptionnels, la récolte 2022 s’inscrit, pour la 3e campagne consécutive, dans une dynamique de hausse de la production et dépasse une nouvelle fois la moyenne quinquennale (1,5 Mt). Cette production permettra aux unités industrielles de triturer encore plus de graines françaises de tournesol et d'assurer une meilleure couverture des besoins en huile et tourteaux.
La mobilisation des agriculteurs a permis une hausse très nette des surfaces de tournesol, 698 000 ha en 2021, soit une augmentation d’au moins 20 %. Cette augmentation des surfaces limite les effets de la baisse de rendement observée par rapport à 2021 (27,4 q/ha). D’après les premières analyses réalisées, la teneur en huile serait, par ailleurs, en baisse sur une large partie du territoire dans des proportions qui restent à affiner.
Au plan régional, les bilans sont assez hétérogènes. En Nouvelle-Aquitaine, les rendements se situent dans une fourchette comprise entre 15 et 36 q/ha dans les sols les plus profonds ou qui ont pu bénéficier d’irrigation. En Occitanie, le rendement moyen est faible et avoisine les 17 q/ha. Le rendement moyen est de 24 q/ha en région Centre-Val de Loire et de 20 q/ha dans le Grand Est avec, dans ces deux régions, des variations entre 15 et 40 q/ha.
Une campagne qui a, une nouvelle fois, montré la bonne tolérance du tournesol aux conditions sèches
Le tournesol a bien résisté et prouvé, cette année encore, sa capacité naturelle à s'adapter lors des périodes de chaleur intense et de sécheresse. L’irrigation, bien positionnée dans le cycle de culture, a constitué un facteur différenciant qui a été pleinement valorisé par la culture.
La chaleur et les conditions sèches ont limité le développement des maladies. Leur impact a été faible sur les cultures. Dans de nombreux bassins de production, les conditions climatiques ont induit une croissance lente et moindre des tournesols, avec des impacts sur la floraison, plus rapide qu’à l’accoutumée, et un remplissage des graines plus limité.
Au global, cette année, la combinaison de baisses de rendements moindres par rapport à d’autres cultures d’été, de charges d’intrants modérées et de prix souvent très attractifs, fait retrouver de la rentabilité au tournesol avec des marges brutes qui dépassent les 1 100 €/ha dans les exploitations constituant l’Observatoire des coûts à la production de Terres Univia - Terres Inovia.
« Cette année, les surfaces oléoprotéagineuses sont en hausse de plus de 15 %, tirées par le colza et le tournesol, soit plus de 2,2 millions d’hectares d’oléagineux. La culture du tournesol voit la succession de deux belles récoltes : 2021 et ses rendements historiques, et 2022 marquée par une hausse importante des surfaces de plus de 20 %. Certaines régions, d’habitude peu productrices de tournesol, ont fortement développé leurs surfaces. Les producteurs ont été au rendez-vous pour participer au maintien de la souveraineté alimentaire de notre pays et soutenir les industriels. La capacité de trituration devrait ainsi augmenter en France, » déclare Benjamin Lammert, Président de Terres Univia.
« Le tournesol a prouvé sa capacité à résister aux conditions climatiques. Malgré une baisse des rendements, il a mieux résisté que d’autres cultures aux conditions difficiles de l’année. Peu gourmande en eau, cette culture demande une irrigation qui se termine tôt au cours du cycle de la culture. De plus, les outils d’accompagnement à la conduite de culture conçus par les ingénieurs de Terres Inovia font de nouveau preuve de leur efficacité. Pour 2023, les intentions de semis s’élèveraient par ailleurs à 900 000 ha, signe de la reconnaissance par les agriculteurs des atouts du tournesol face au changement climatique, » ajoute Gilles Robillard, Président de Terres Inovia.
Pour Arnaud Rousseau, Président de la FOP, « Alors que la France doit augmenter sa production de protéines végétales pour nourrir son cheptel et répondre à la demande du consommateur d’une huile tracée et durable, le tournesol s’affirme comme une des cultures clés pour répondre à l’enjeu national et européen de souveraineté alimentaire. Dans un contexte de changement climatique et de tensions accrues sur les marchés, je me félicite de la mobilisation des producteurs et de notre filière oléoprotéagineuse en faveur de son développement tant cette culture permet d’atteindre les objectifs de compétitivité des exploitations et d’apporter une réponse efficace aux enjeux de la transition agroécologique et climatique. »
Mobilization of oilseed producers helps secure sunflower suppliesMobilization of oilseed producers helps secure sunflower supplies
In a context marked by the impacts of the war in Ukraine, the commitment of producers to sow sunflower has enabled a good 2022 harvest despite the spring and summer drought. Terres Inovia, the technical institute of the vegetable oil and protein sector and the hemp sector, announced a harvest of 1.7 million tons (Mt) of sunflower seeds on an estimated surface of more than 840,000 hectares (ha). The average yield is estimated at 20.5 quintals (q)/ha.
Although the sunflower crop is down by 5% compared to 2021 (1.9 Mt in 2021), a year of exceptional yields, the 2022 crop is part of a dynamic increase in production for the third consecutive year and once again exceeds the five-year average (1.5 Mt). This production will allow industrial units to crush even more French sunflower seeds and to ensure a better coverage of the needs in oil and cake.
The mobilization of farmers has resulted in a very clear increase in the area of sunflower, 698 000 ha in 2021, an increase of at least 20%. This increase in surface area limits the effects of the drop in yield observed compared to 2021 (27.4 q/ha). According to the first analyses carried out, the oil content would be, moreover, in decline on a large part of the territory in proportions which remain to be refined.
At the regional level, the results are quite heterogeneous. In Nouvelle-Aquitaine, yields are in a range between 15 and 36 q/ha in the deepest soils or those that have benefited from irrigation. In Occitania, the average yield is low and close to 17 q/ha. The average yield is 24 q/ha in the Centre-Val de Loire region and 20 q/ha in the Grand Est, with variations between 15 and 40 q/ha in these two regions.
A campaign that once again showed the good tolerance of sunflowers to dry conditions
Sunflower has resisted well and proved, once again this year, its natural capacity to adapt during periods of intense heat and drought. Irrigation, well positioned in the crop cycle, was a differentiating factor that was fully exploited by the crop.
The heat and dry conditions limited the development of diseases. Their impact on the crop was low. In many production basins, the climatic conditions induced a slow and lesser growth of sunflowers, with impacts on flowering, which was faster than usual, and a more limited seed filling.
Overall, this year, the combination of lower yields compared to other summer crops, moderate input costs and often very attractive prices, has made sunflower profitable again, with gross margins exceeding 1,100 €/ha in the farms that make up the Terres Univia - Terres Inovia production cost observatory.
"This year, oilseed acreage is up by more than 15%, driven by rapeseed and sunflower, i.e. more than 2.2 million hectares of oilseeds. Sunflower cultivation is seeing two good harvests in succession: 2021 and its historic yields, and 2022 marked by a significant increase in acreage of more than 20%. Some regions, usually not very productive of sunflower, have strongly developed their surfaces. Producers have been there to participate in maintaining the food sovereignty of our country and to support the industry. The crushing capacity should thus increase in France," says Benjamin Lammert, President of Terres Univia.
"Sunflower has proven its ability to withstand weather conditions. Despite a drop in yields, it has withstood the year's difficult conditions better than other crops. This crop does not require a lot of water and requires irrigation that ends early in the crop cycle. In addition, the crop management support tools designed by Terres Inovia's engineers are once again proving their effectiveness. For 2023, sowing intentions would also amount to 900,000 ha, a sign of farmers' recognition of the advantages of sunflower in the face of climate change," adds Gilles Robillard, President of Terres Inovia.
For Arnaud Rousseau, President of the FOP, "While France must increase its production of plant proteins to feed its livestock and meet consumer demand for traced and sustainable oil, sunflower is asserting itself as one of the key crops to meet the national and European challenge of food sovereignty. In a context of climate change and increased tensions on the markets, I am pleased with the mobilization of producers and our oil-protein industry in favor of its development, as this crop allows us to achieve the objectives of competitiveness of farms and to provide an effective response to the challenges of the agro-ecological and climate transition."